Hijab(s)

Vernis mou, dimensions variables, 
2016 - 2018

A travers des objets issus de mon quotidien, tel que le hijab, je questionne le concept du voile.

Le voile oscille entre transparence et opacité, il couvre et découvre, dissimule et révèle, fait présence ou absence. Il est la matière même de l’entre-deux. Il s’inter-pose. Il ouvre un espace dialectique, du dedans et du dehors, du devant et du derrière, de l’endroit et de l’envers, de la surface et de la profondeur. 
Le voile devient une surface- interface qui envisage les deux faces des choses simultanément. C’est ce qui lui donne un statut, un regard singulier. Le voile a une vie propre, un mouvement propre. C’est un jeu mouvant de plis et de replis en lequel visible et invisible entrelacent leurs flux. 

Comment l’insérer dans ma matrice? Le sentir, le traverser, s’empreindre de sa matière. L’étreindre. 

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Racine(s)

Setr / Hijab

Diptyque à l’eau forte, vernis mou, 22,5 x 10 cm, 
2018

    A travers ces deux gravures, faites au vernis mou à partir d’un « hijab » j’ai voulu mettre en lumière l’évolution des mots qui désignent le voile. 

Auparavant, le mot « setr » qui signifie précisement « couvrement » était utilisé à la place du mot « hijab ». « Hijab » vient de « hijaba » , qui littéralement signifie rideau, voile, partition ou séparation. 
Mais de nos jours on l’utilise en tant que voile en terme de tenue féminine. C’est un terme relativement récent. 
Dans les ouvrages de prière, relatifs au mariage ou dans les textes religieux on emploie toujours le mot «setr».